Chrétien Réformé Francophone du Québec (11/11)
Mardi, 11 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
Conférencier sur l’histoire de l’Église
Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
5. Conclusion – la raison d’être du réformée québécois
De toute évidence, plusieurs personnes pensent que l’aventure d’être réformé vaut le défi malgré les quatres grandes raisons (vues dans cet article) pouvant s’y opposer. Aussi, nous pouvons nous demander, pourquoi le monde voudrait rejoindre un groupe faisant face à de si grands obstables? Peut-être que c’est parce que sans une église établie, on peut rêver plus grand. C’est peut-être la passion de travailler avec les gens perdues et seules. C’est peut-être la passion d’enseigner la parole de Dieu. Plus certainement, c’est peut-être parce que l’Esprit est présentement parmi nous. C’est dans ce contexte de marginalisation que l’ERQ (Église Réformée du Québec) trouve son dynamisme.
Bibliographie
Bédard, Marc-André. Les Protestants en Nouvelle-France. Québec: La Société Historique de Québec, 1978.
Bienvenue, Louise. Quand la Jeunesse Entre en Scène: l’Action catholique avant la Révolution tranquille. Montréal: Boréal, 2003.
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Blackburn, Carole. Harvest of Souls: The Jesuit Missions and Colonialism in North America 1632-1650. Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2000.
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Gaudette, Michel. Guerres de Religion d’Ici: Catholicisme et Protestantisme Face à l’Histoire. Trois-Rivières: Editions Souffle de Vent, 2001.
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Hamelin, Jean. Histoire du Catholicism Québécois: Le XXe siècle. Vol. III. Boréal, 1984.
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Lalonde, Jean-Louis. Des loups dans la bergerie: Les Protestants de Langue Française au Québec. 1534-2000. Fides, 2002.
Lamonde, Yvan. Histoire Sociale des Idées au Québec 1896-1929. Fides, 2004.
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Piché, Lucie. Femmes et changement social au Québec: L’apport de la Jeunesse ouvrière catholique féminine, 1931-1966. Québec: Les Presses de l’Université Laval, 2003.
Remon, Denis, ed. l’Identité des protestants francophones au Québec: 1834-1997. Montréal: Acfas, 2998.
Rousseau, Louis et Fédéric Castel. “Un défi de la recomposition identitaire au Québec: le nouveau pluralisme religieux.” In: Diversité et identités au Québec et dans les régions d’Europe. Eds. Jacques Palard, Alain-G. Gagnon, Bernard Gagnon. Québec: Les Presses de l’Université Laval, 2006. 251-280.
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Walsh, H.H. The Christian Church in Canada. Toronto: The Ryerson Press, 1956.
Traduction libre de l’anglais proposée par le site de l’ER St-Paul
Toute la conférence originale est disponible dans ce document PDF.
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Chrétien Réformé Francophone du Québec (10/11)
Lundi, 10 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
Conférencier sur l’histoire de l’Église
Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
4. Standard de moralité biblique, pas post-moderne
Un facteur final lequel met le chrétien réformé dans une position fortement minoritaire, est qu’il veut suivre un standard de moralité biblique, plutôt que celui de la société francophone en générale. Avant la Révolution Tranquille, l’église catholique du Québec était très conservatrice sur les sujets « chauds » de la morale. Bien sur, la pratique homosexuelle, l’avortement, l’euthanasie, etc. a été clairement condamné par l’église catholique. Le problème avant la Révolution n’était pas, ironiquement, d’être conservateur, mais, aux yeux de plusieurs, d’être trop conservateur. L’église catholique a été perçu par plusieurs comme étant coincé dans une époque révolue où rien ne pouvait changer et toutes choses nouvelles étaient condamné dans une genre de réaction rapide et instinctive.
La Révolution Tranquille des années 60, dès lors, apporta une rapide sécularisation de la société québécoise. Pendant ce temps, le Québec a été largement transformé en un grand état providence. Le gouvernement provincial a abandonné beaucoup de contrôle touchant la société en générale – contrôle qui autrefois était donné par l’église (catholique). De là, le gouvernement fut à la remorque de la volonté des gens. C’est dans cette veine qu’après la Révolution Tranquille, la société québécoise s’est mise elle-même en avant-garde en dépassant le cadre des valeurs familiales que des églises réformées auraient gardé précieusement. Le gouvernement du Québec a devançé le gouvernement canadien dans l’acceptation du mariage homosexuel. La large communauté homosexuelle de Montréal fut considéré comme une puissance économique et politique significative. De plus, le taux d’avortement par personne fut plus élevé que n’importe quel autre province ou état en Amérique du Nord. De la même façon, le taux de divorce au Québec fut aussi plus élevé que n’importe quelle autre province du Canada. De toute évidence, dans la culture populaire – et particulièrement à la télévision, on peut voir les assauts répétés sur les valeurs familiales, bibliquement traditionnelles.
En plus de toutes ces choses, il y a eu la montée de la puissance de l’état dans les deux dernières générations. Avec le déclin de l’influence et du controle de l’église catholique sur la vie publique dans les années 1960, l’état devint le centre de la société québécoise. Tellement que pour plusieurs, il devint impératif d’avoir un état indépendant (souverain) pour une nation québécoise indépendante. Ce fut à ce moment que l’identité nationale parmi les québécois francophone se transforma largement – on ne parla plus de canadien-français, mais de québécois. Ce fort désir nationaliste est sans aucun doute l’information qui a été communiqué par les réseaux d’informations hors-Québec. En deux occasions, une en 1980 et une en 1995, un référendum a été tenu et perdu par les tenants de la formation d’un état québécois indépendant. Dans tous les cas, le gouvernement fédéral du Canada et le gouvernement provincial du Québec continuent de travailler sur ce problème persistant.
Tout ceci conduit les chrétiens réformés francophones à garder un équilibre précaire dans sa participation dans les choses de l’état. La situation politique est assez différente de ce que les gens du sud (les États-Unis) peuvent expérimenter. À la place d’avoir deux grands partis (politiques) divisés (comme nous pouvons le voir à l’oeuvre aux États-Unis), le Canada, et spécialement le Québec, ont quatre ou cinq options principales (sans compter la multitude de petits partis). Cela demande des relations plus délicates et demandent beaucoup de sagesse. Par exemple la plupart des églises « évangéliques », sans aucun doute, ont des membres qui votent pour n’importe quel des différents partis politiques.
L’engagement à un standard de moralité biblique n’est pas facile. Le Québec peut être vu comme la société post-moderne « par excellence ». La convergeance de différentes opinions et une réelle critique de n’importe quelle « métahistoire » (dimension spirituelle de l’histoire) fait du Québec un concentrateur centralisant plusieurs pensées pluralistes. Ainsi, la « métahistoire » de la croix a peu de sens pour plusieurs personnes – et pour certains, cela est perçu clairement comme une offense.
Traduction libre de l’anglais proposée par le site de l’ER St-Paul
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Chrétien Réformé Francophone du Québec (9/11)
Dimanche, 9 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
Conférencier sur l’histoire de l’Église
Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
3. Réformé, pas baptiste
(suite)
Une opportunité évangélique remarquable est survenu avec l’Exposition Universelle, ou EXPO tenu à Montréal en 1967. EXPO 67 a été une évènement de haut-niveau pour Montréal. Cela a été sans aucun doute un accomplissement culturel significatif pour la ville et pour le Canada. Parmi les éléments moins importants mais qui ont eu un grand impact, on retrouve la question vestimentaire. À l’ouverture, il y a eu beaucoup de commentaires sur l’uniforme des hotesses du pavillon de la Grande-Bretagne. Leurs robes avaient été découpé dans le »nouveau » style mini-jupe, lequel avait été introduit l’année précédente par un désigneur de mode britannique. Au milieu de l’été, presque chacun des autres pavillons ont raccourci le bord des uniformes de leurs hotesses. Les femmes canadiennes ont été rapide à adopter le style « libéré » de la mini-jupe.
Pendant l’EXPO, plusieurs églises ont travaillé ensemble pour présenter un pavillon chrétien appelé « Sermons de la Science ». L’objectif principal était d’utiliser des observations basées sur la science (prenant la forme de vidéos venant de l’institut des sciences Moody) pour enseigner l’existence d’un Créateur - dans un certain sens, ce fut un pavillon dédié à une intelligence supérieure créatrice de notre univers (« Dessein Intelligent » ou « Intelligent Design« ). Le succès considérable de cette présentation a conduit à une importante percée du mouvement évangélique et protestant parmi les québécois. Plusieurs trouvèrent que le message évangélique et moral étaient beaucoup plus intéressant que celui auquel ils avaient été exposé au sein de l’église catholique. Il était intéressant à cause d’une piété fervente, chaleureuse et pratique.
Dans les années suivants 1967, nous avons vu l’apparition des principaux courants que nous reconnaissons aujourd’hui dans le protestantisme québécois. De 57 communautés protestantes en 1950, la diversité protestante en compta 341 en 1986 – une considérable croissance numérique de toute évidence. La croissance ralentit fortement dans les années 1980 et elle est maintenant autour de 500 églises pour un petit peu moins de 100,000 adhérents. La croissance est relativement lente pour la majorité des églises sauf, pour les groupes plus vibrants et prospères qui « volent » les membres des autres communautés, ou, parmi les immigrants francophones d’origine non-québécoise.
Dans ces années, l’Église Réformée du Québec a été fondée. Au début, un regroupement informel de plusieurs pasteurs presbytériens et réformés de type « évangélique », se sont rassemblés sous l’impulsion de l’Alliance Réformée Évangélique (the Reformed Evangelical Alliance). Même si cela n’est pas fréquemment utilisés par les églises réformées en dehors du Québec, le terme « évangélique » est généralement utilisé par l’église réformée pour se distancer elle-même d’un protestantisme libéral. Encore plus important, c’est un encouragement implicite à l’évangélisation.
Vers la fin des années 70, plusieurs pasteurs-missionnaires représentant la « Canadian Presbyterian Churches » (les Églises Presbytériennes du Canada), la « Presbyterian Church in America » (les Églises Presbytériennes des États-Unis), et la « Christian Reformed Church » (les Églises Réformées Chrétiennes) et les anciens de congrégations réformées francophones (du Québec) se sont rassemblées pour former une alliance avec objectif de former une école de théologie réformée indépendante (l’Institut Farel, maintenant le Séminaire de Théologie Réformée Farel), une revue théologique (la revue Parole - présente pendant les années 80) et une dénomination unie. Le résultat de ce dernier désir s’est finalement réalisé en 1988 avec la formation de l’Église Réformée du Québec. Plusieurs paroisses furent ouvertes, fermées ou déménagées, mais aujourd’hui nous sommes un groupe de six paroisses stables réparties à travers la province. Les paroisses sont toutes assez petites, mais avec un noyau stable de membres engagés.
Traduction libre de l’anglais proposée par le site de l’ER St-Paul
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Chrétien Réformé Francophone du Québec (8/11)
Samedi, 8 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
Conférencier sur l’histoire de l’Église
Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
3. Réformé, pas baptiste
En dépit d’une forte présence pédobaptiste (baptême des enfants), particulièrement grâce aux missionnaires presbytériens du 19e siècle, ce fut les évangéliques et particulièrement les pentecotistes qui eurent la plus grande croissance au milieu du 20e siècle. Les croyants réformés d’aujourd’hui font face à la curieuse situation d’être les étranges avocats du pédobaptisme dans un milieu proposant surtout le baptême des adultes (professants). En plusieurs occasions, le pasteur ou membre d’une église réformée a pu se faire reprocher d’être « moins biblique » avec cette doctrine - car certainement le pédobaptisme est perçu comme un reliquat d’un mélange de grâce automatique et de bonnes oeuvres tirant son origine du catholicisme. Les réformés tentent de couvrir cette (prétendue) déficience par une insistance sur la souveraineté de Dieu, mais (cela suffit) à peine.
Certains groupes baptistes et pentecotistes existaient déjà dans le Québec français avant la seconde guerre mondiale, mais ce fut véritablement après qu’ils réorganisèrent leurs effectifs et regagnèrent un zèle missionnaire. Les deux « Union » et « Association » baptistes profitèrent du momentum de cette période. La faiblesse de l’église catholique et l’ouverture de la société québécoise fut très utile pour toutes sortes de nouvelles idées.
Ce processus arriva dans ce qui est généralement appelé « la Révolution Tranquille ». Elle fut « tranquille » parce qu’il n’y eut pas de conflits ouverts ou armés, cependant ce fut une « révolution » parce que tout le système de valeur des québécois fut remis en question, et souvent rejeté. En rejetant les valeurs d’une société profondément catholique, les québécois eurent besoin de se tourner vers un autre système de valeur. C’est dans cette recherche ouverte pour une nouvelle fondation que la plupart des églises évangéliques trouvèrent un grand nombre de convertis. Par exemple, même l’église que je sers, est composé en grande partie de jeunes convertis en provenance des années 70, début 80.
Malheureusement, ce ne fut pas seulement les églises évangéliques modérées, et pentecotistes qui grandirent numériquement, mais aussi toutes sortes de groupes, de sectes, et de mouvements de type « new-age » (nouvelle âge).
Des groupes comme les Raéliens furent formé et se firent connaitre pendant cette période, et malheureusement encore aujourd’hui. Ceux-ci, dirigés par leur prophète Rael, croient que le monde a été formé par les extra-terrestres et que bientôt, ils les revisiteront pour composer une société idéale extra-terrestre. Les extra-terrestres prendront simplement nos pensées (actuellement) dans nos corps, et nous enseigneront comment remplacer nos corps pour que nos pensées vivent éternellement. Comme les membres de ce groupe sont partant pour remplacer nos corps, il y a plusieurs années, ils établirent une association appelée « Clonaid » pour favoriser le clonage des êtres humains. Peut-être vous rappelez-vous il y a quelques années, ce groupe faisant les manchettes autour du monde proclamant avoir cloné le premier être humain. Le point n’est pas de présenter les croyances actuelles de ce groupe, mais plutôt le fait qu’un grand nombre des membres de cette secte étrange, provienne de foyers catholiques français. Ceci montre l’extrême intérêt de tout ce qui est « différent » à partir des années 70 et suivant.
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Chrétien Réformé Francophone du Québec (7/11)
Vendredi, 7 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
Conférencier sur l’histoire de l’Église
Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
II. Francophone, pas anglophone
(suite)
Sans aucun doute, le support des églises anglophones pour l’oeuvre (francophone) était bienvenue et nécessaire (il l’est encore!), mais les églises francophones eurent la malchance d’être aussi impliqué dans certaines disputes et orientations théologiques, qui assurément n’étaient pas les siennes. Dans le 19e et le 20e siècle, nous retrouvons au Québec des cas où »celui qui paie les gages, controle les ouvriers ». Vers la fin du 19e siècle, les oeuvres grandissantes dépassèrent les fonds disponibles. Au milieu du siècle, les argents européens se tarirent. Les ressources disponibles provinrent du reste du Canada et des États-Unis. Les fonds nécessaires ne furent pas toujours disponibles.
Par ailleurs, ceux contribuant financièrement pour les oeuvres missionaires du Québec n’eurent pas toujours une compréhension de la langue, de la culture, ou de l’histoire pour baser leurs stratégies missionnaires. Même aujourd’hui, si je peux parler de l’Église Réformée du Québec, la plupart des membres québécois de nos églises ne réalisent pas les différences historiques et les tensions ayant existé entre les différentes dénominations réformées et presbytériennes présentes en Amérique du Nord.
Le problème était (même encore tout récemment) que ce n’était pas exclusivement dans un domaine touchant l’évangile que les francophones pouvaient être dépendant des anglophones. À la fin du siècle et aussi dans le 20e siècle, les québécois furent souvent largement dépendant des grandes entreprises anglophones. Une tension (sociale) se créa, et celle-ci subsiste encore dans la (mémoire collective de la) société québécoise. Les dirigeants de ces grosses entreprises n’ont pas toujours traité les travailleurs canadiens-français avec respect ou justice. La pratique des affaires des anglophones d’alors, n’a pas attiré les francophones vers les églises anglophones. Ceci a été un point souligné avec vigueur par la hiérarchie catholique.
La majorité des gains des églises protestantes-francophones du milieu du 19e siècle diminuèrent peu à peu et disparurent largement au début du 20e siècle. Une nouvelle génération de dirigeants appartenant à des dénominations canadiennes majeures ne considéraient plus l’évangélisation plus insistante des catholiques francophones comme étant une priorité – « ils sont chrétiens, n’est-ce pas? » se dirent-ils en eux-mêmes. De plus, ce fut au début du 20e siècle que les méthodistes, les congrégationalistes et une partie de l’église presbytérienne se rassemblèrent pour former l’Église Unie du Canada. Même si les presbytériens furent les plus fervents supporteurs de l’oeuvre missionnaire chez les canadiens-français, le reste des paroisses francophones se sont toutes intégrés dans la nouvellement formée Église Unie. Par la suite, l’union de l’oeuvre missionnaire canadienne-française a été largement ignoré ou oublié dans les rangs de l’Église Unie. Le reste des presbytériens redémarrent quelques oeuvres, mais ce fut beaucoup plus modeste qu’auparavant.
La dépendance des églises et des institutions anglophones était plus clairement ressenti dans le domaine de la formation pastorale. Jusqu’en 1927, il y eut des institutions ayant des programmes pour former des pasteurs francophones. Après ce temps et jusqu’à trois-quart du siècle, aucune institution fut présente au Québec. Les pasteurs protestants francophones durent aller en Europe ou dans des écoles anglophones nord-américaines.
Traduction libre de l’anglais proposée par le site de l’ER St-Paul
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Chrétien Réformé Francophone du Québec (6/11)
Jeudi, 6 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
Conférencier sur l’histoire de l’Église
Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
II. Francophone, pas anglophone
(suite)
Suivant la révolte de 1837 et la montée subséquente du catholicisme ultramontain, dès lors, les activités missionnaires protestantes devinrent plus difficiles. L’église catholique (romaine) vit les activités missionnaires protestantes avec beaucoup de méfiance. Ce n’était pas simplement pour des raisons théologiques, mais également pour des raisons sociales et culturelles. Le protestantisme représentait une manière de vivre très différente. Le type de piété à l’italienne exigé par l’église catholique (romaine) était très loin du type de piété protestante plutôt simple, basé sur la Bible. La piété protestante était plus clairement impliquée dans la distribution des bibles et dans la fondation d’écoles francophones. Lire les Écritures était vu, justement, comme la base du protestantisme.
En même temps que la « Société Missionnaire de Lausanne », apparurent les activités de la « French Canadian Missionnary Society » (Société Missionnaire Canadienne-Française). Décidément plus réformée dans sa constitution, cela représentait un renouvellement significatif de la vision missionnaire anglaise chez les francophones. La « French Canadian Missionary Society » devint bientôt en conflit avec le travail de Mme Feller et ceux de la Grande Ligne. L’argent qui allait normalement à Mme Feller était maintenant rediriger pour le travail des autres missionnaires qui avaient des sympathies plus pédobaptistes. Plus encore, les nouveaux missionnaires étaient recrutés à partir des mêmes cercles évangéliques calvinistes de France. Cependant, les deux sociétés essayèrent de travailler dans des endroits différents du Québec. Mme Feller était dans le sud du fleuve St-Laurent et la »French Canadian Missionary Society » dans le nord du fleuve St-Laurent.
La situation empira quand les différentes dénominations qui avaient auparavant fait la promotion de la »French Canadian Missionary Society » décidèrent d’envoyer leurs propres missionnaires. Au milieu du siècle, on pouvait compter cinq sociétés missionaires travaillant parmi les québécois de langue française – ceux de la Grande Ligne (bientôt affilié avec la « American Baptist Home Society »), la »French Canadian Missionary Society », une société missionnaire presbytérienne, une société missionnaire anglicane et une société missionnaire méthodiste. Le point commun de toutes ces oeuvres missionnaires était leur langue et leur héritage anglais. En effet, même si certains missionnaires étaient en provenance de l’Europe francophone ou même du Québec, ils avaient une grande dépendance envers les églises anglophones pour leur support (une situation qui a continué de caractériser les oeuvres missionnaires canadiennes-françaises).
Plus connu est le support des presbytériens pour un prêtre converti appelé Charles Chiniquy – connu aussi par son livre « Cinquante ans dans l’église de Rome » dont vous pouvez être familier. Chiniquy était un prêtre assez important prêchant la tempérance (mouvement anti-alcoolique) aux gens de Québec. L’évèque de Québec l’appellait l’ « Apôtre de la Tempérance », et, plus mémorable, le pape lui envoya une croix spéciale pour souligner son travail. Malheureusement, sa réputation éclatante ne dura pas quand il dut subir (dans un contexte de controverse avec d’autres dirigeants catholiques) des accusations d’inconduite sexuel (par ses supérieurs) et qu’il fut envoyé dans une paroisse d’immigrant de langue française dans le sud de l’Illinois. Bientôt, il s’attira des problèmes avec des membres de sa propre paroisse et de la hiérarchie catholique locale.
Suivant un incendie dans sa paroisse, il fut accusé par un de ces paroissiens de méfait. Il gagna son procès en étant représenté par rien de moins que le futur président Abraham Lincoln. C’est pourquoi Chiniquy écrivit son amitié à Lincoln, et plus tard, qu’il avait des évidences que les Jésuites étaient derrière l’assasinat de Lincoln. Que ceci soit vrai ou non, je ne peux le dire, mais cela illustre clairement le personnage plus grand que nature de Chiniquy. Plus important était son conflit avec la hiérarchie catholique locale irlandaise. En 1856, il fut suspendu de ses fonctions pour insoumission et passa du temps à lutter pour une réconciliation avant d’être finalement excommunié en 1858.
Dans cette même période, il eut une claire conversion au protestantisme. Dans son esprit, l’église presbytérienne représentait la forme la plus historique du protestantisme français, aussi il se joignit aux presbytériens américains, et plus tard, aux presbytériens canadiens pour le reste de sa vie. Même s’il travaillait principalement avec une congrégation francophone de l’Illinois, il vint fréquemment au Québec, au milieu de beaucoup de controverses, pour parler des dangers du romanisme et des merveilles du protestantisme. Plusieurs de ses discours représentent le contenu de ces 50 années dans l’église de Rome. Chiniquy était un orateur doué et, de là, énormément controversé. Il n’était pas géné par la controverse ou les feux de la rampe. Il était considéré comme une célébrité par les protestants (par certains jusqu’à aujourd’hui) et comme un vilain par les catholiques. Cependant, je souligne encore que la plupart de son travail était fait sous les directives des églises anglaises presbytériennes et protestantes.
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Chrétien Réformé Francophone du Québec (5/11)
Mercredi, 5 octobre 2011
Rév. Jason Zuidema, Ph.D.
Pasteur de l’Église Réformée St-Paul de Repentigny
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Séminaire de Théologie Réformée Farel (Montréal, Québec)
Assemblée NAPARC (North Americain Presbyterian and Reformed Council)
Novembre 2006
Marginalisation et ”raison d’être” du Chrétien Réformé Francophone du Québec
II. Francophone, pas anglophone
Un deuxième facteur qui a contribué à la marginalisation des réformés québécois est la surabondante présence anglophone en Amérique du Nord. Malgré le contrôle officiel du Québec par les Anglais à la suite de la conquête de 1759, les francophones du Québec n’ont pas été assimilé parmi le Canada anglais comme les autres colonies françaises l’ont été en Amérique.
Évidemment, il a été cependant difficile pour les fidèles réformés francophones de retracer leur histoire à travers leurs ancêtres jusqu’aux origines de la réforme protestante. C’est pourquoi, les missionnaires ont habituellement parlé pour ces temps d’ascendance « spirituelle », parce qu’ils étaient pratiquement les héritiers d’un forme de protestantisme en provenance de quelconque autre pays, continent ou culture.
Suivant la conquête anglaise de 1759, l’église anglicane (l’église d’Angleterre ou église épiscopalienne comme elle est connu au sud de la frontière canadienne) a tenté prudemment d’établir des paroisses francophones à travers le Québec. Certains ont pensé que la promotion de l’église d’Angleterre pourrait en retour promouvoir la fidélité envers la couronne anglaise. Ceci aurait pu être vrai, mais cette idée a donné le résultat inverse en ce que plusieurs catholiques, la plupart en provenance de la hiérarchie (catholique), ont vu clairement derrière ce projet et ont averti vigoureusement leurs fidèles au sujet des stratégies anglaises. Néanmoins, plusieurs paroisses importantes ont été établies, lesquelles ont eu certaines influences.
Quelques dénominations anglaises ont appris de ces expériences et dans le 19e siècle ont commencé à solliciter des missionnaires de langue française en provenance des endroits traditionnellement protestants de la Suisse. Ceci avait pour but de passer par dessus la barrière traditionnelle de la langue, mais plus particulièrement les barrières politiques et sociales apportées avec les Anglais. Ces missionnaires ont finalement commencé à avoir quelques impacts, après plusieurs essais, sur la population de langue française du Québec. C’est à cause de ces missionnaires que de petites communautés protestants furent établi.
Le christianisme européen du 19e siècle a démontré beaucoup de zèle missionnaire. En premier lieu, il y a eu les projets des sociétés missionnaires de Lausanne lesquelles ont amené des évangélistes suisses d’une grande ardeur pour le Québec vers 1834. Après plusieurs difficultés, ces missionnaires sous la direction de Henriette Feller ont pu se réjouir de quelques succès. Poste missionnaire de Madame Feller, Grande Ligne (situé au sud de Montréal) était assez loin des grands centres catholiques pour ne pas être importuné (par les dirigeants catholiques). De là, il a été lentement possible de construire la confiance de quelques Canadiens-Français et d’être témoin de quelques conversions. Ceci a encouragé des décisions éclairées et des conversions au christianisme, pour se conclure par des baptêmes. Ces tendances baptistes ont eu une influence majeure sur les autres activités missionnaires.
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